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À Marseille, les grévistes de Monoprix décidé-e-s à aller jusqu’au bout

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Publié le 12 octobre 2010 par Égalité

Des employé-e-s de deux Monoprix de Marseille sont en grève depuis trois semaines. Appliquera-t-on enfin à leurs établissements la convention nationale collective de l’enseigne ?

Depuis le 21 septembre dernier, 5 heures du matin, des employés de deux Monoprix de Marseille sont en grève : onze femmes et quatre hommes à celui de la Canebière et de nombreuses femmes à celui du Prado. Caissières pour la plupart, certaines sont vendeuses. Parmi elles, des salariées qui ont plus de dix ans d’ancienneté, discriminées parce qu’elles sont déléguées des salariées, mais toutes et tous subissent de fortes pressions, jusqu’au harcèlement pour l’une d’entre elle.

Depuis deux ans et l’arrivée d’un nouveau sous-directeur, la situation s’est dégradée.  Grossièretés, menaces sont proférées quotidiennement dans les réunions censées stimuler le personnel. Aux caisses, la pression est très forte : la chef exerce une surveillance rapprochée devant la pointeuse, vérifie constamment les temps de pause sur ordinateur — pauses non payées et qui varient d’une employée à une autre — ne ménage pas ses remarques désagréables et refuse systématiquement des demandes justifiées. Les personnes visées sont celles que l’entreprise stigmatise comme des « fortes têtes ». Le nouveau directeur, tout juste arrivé, est débordé.

« Assez de précarité, assez de pression et de discrimination »

La plupart des salariéEs travaillent trente heures par semaine pour un salaire net de 850 €. Souvent mères célibataires d’un ou plusieurs enfants, elles ne peuvent pas s’en sortir. Refusant d’être des sous-salariéEs, elles/ils demandent de travailler à temps plein, 35 heures, avec une augmentation raisonnable. Et réclament la révision des classifications, le paiement des temps de pause pour toutes et tous et la suspension immédiate de toutes les discriminations et pressions. Depuis le début de la grève, soit presque trois semaines, la seule réponse a été : « Arrêtez la grève, on négociera après ».

Le soutien des clients

Non écoutés par la direction, les grévistes ont la satisfaction d’être soutenus par des clientEs qui signent leur pétition, glissent un billet ou une pièce pour une collecte d’aide. Dans le quartier, cette grève est populaire. Un réseau de solidarité s’est mis en place : les commerçants offrent des boissons et des restaurants apportent à manger. « On nous comprend », explique une des grévistes, qui sont prêtEs à aller jusqu’au bout.

Aujourd’hui, une réunion est prévue avec les directeurs. Iront-ils vers une ouverture et donc vers la fin de la grève ? On pourrait l’imaginer, car il existe bel et bien une porte de sortie égalitaire : il suffirait d’appliquer la convention collective nationale qui existe pour l’enseigne Monoprix et prévoit, entre autres, le paiement des temps de pause. Actuellement, chaque direction est libre de l’appliquer dans son établissement.

Judith Martin-Razi ÉGALITÉ